La peau, en tant qu’organe le plus étendu du corps humain, est constamment exposée aux agressions environnementales, telles que les rayons ultraviolets du soleil, la pollution, et les traumatismes physiques. Ces facteurs peuvent entraîner le développement de différentes pathologies cutanées, dont certaines peuvent être malignes, c’est-à-dire cancéreuses.
Parmi les cancers de la peau les plus courants figurent le carcinome basocellulaire, le carcinome spinocellulaire, et le mélanome.
Ces affections nécessitent une prise en charge rapide et ciblée pour limiter les risques de propagation et offrir au patient des perspectives de guérison optimales.
La chirurgie dermatologique, par son approche spécialisée, joue un rôle clé dans le traitement de ces lésions, en permettant d’éliminer efficacement les tumeurs tout en préservant une esthétique de la peau.
Les lésions cutanées malignes sont des anomalies dans la croissance des cellules de la peau. Lorsqu’elles sont diagnostiquées de manière précoce, elles peuvent souvent être traitées efficacement.
Cependant, si elles ne sont pas prises en charge, elles peuvent se propager aux autres couches de la peau, voire à des organes internes à travers la circulation sanguine ou lymphatique.
C’est le plus fréquemment observé parmi les cancers cutanés. Il apparaît généralement sous forme de nodules perlés, souvent translucides ou d’aspect cireux. Les zones les plus touchées sont celles qui sont fréquemment exposées au soleil, comme le visage, les oreilles, ou encore le cou.
Bien que ce type de cancer soit rarement agressif, une prise en charge rapide est nécessaire pour éviter une prolifération locale qui peut détruire les tissus environnants.
Il s’agit d’un autre type courant de cancer cutané. Il se présente sous la forme de lésions rouges, squameuses, souvent douloureuses. Ce carcinome est plus susceptible de se propager aux ganglions lymphatiques voisins ou à d’autres parties du corps, ce qui rend un traitement rapide d’autant plus important.
Il survient généralement dans les zones de peau exposées au soleil de manière chronique, comme le dos des mains, le visage, le cuir chevelu, ou le décolleté.
Bien que moins fréquent, est de loin le plus agressif. Il prend souvent la forme d’une tache pigmentée, asymétrique, de couleur irrégulière et de bordures floues. Le mélanome peut se développer à partir de grains de beauté existants ou apparaître comme une nouvelle tache sur la peau.
Ce type de cancer de la peau est particulièrement dangereux car il peut se propager rapidement à d’autres organes internes et entraîner des complications graves si non traité à un stade précoce.
L’exérèse chirurgicale est la méthode la plus courante utilisée pour retirer les carcinomes basocellulaire et spinocellulaire.
Elle consiste à retirer la lésion cutanée et une marge de tissu sain autour de celle-ci pour s’assurer qu’aucune cellule cancéreuse ne subsiste.
Ce type d’exérèse est généralement réalisé sous anesthésie locale, ce qui permet au patient de rester éveillé pendant l’intervention. Selon la taille et la localisation de la lésion, l’incision peut être réalisée dans une zone discrète de la peau afin de minimiser l’impact esthétique post-opératoire.
Après l’exérèse la plaie est suturée, et un suivi est programmé pour vérifier la cicatrisation et s’assurer avec les résultats histologiques que la lésion à totalement disparu.
Pour les lésions plus importantes ou présentant une localisation complexe, le geste peut nécessiter une prise en charge chirurgicale sous anesthésie générale. Le plus souvent avec une hospitalisation courte sur la journée.
L’exérèse est réalisée sous anesthésie locale, ce qui signifie que le patient reste éveillé tout au long de l’intervention, mais la zone autour de la lésion est anesthésié pour éviter toute douleur.
Cette anesthésie locale est particulièrement adaptée à l’exérèse des lésions cutanées, car elle permet une intervention rapide et efficace sans nécessiter d’hospitalisation.
Selon la taille, la profondeur et la localisation de la tumeur, l’anesthésie peut être administrée sous forme de piqûre au niveau de la lésion ou d’injection dans les tissus voisins.
Une fois l’anesthésie efficace, le chirurgien procède à l’exérèse proprement dite, en incisant la peau autour de la lésion afin de retirer la tumeur. La quantité de tissu sain enlevé dépend de la taille et du type de la lésion, ainsi que de la marge de sécurité qu’il est nécessaire de prendre pour garantir qu’aucune cellule cancéreuse ne reste.
Une fois la lésion retirée, les tissus sont adressés au laboratoire pour analyse pour s’assurer qu’aucune partie de la tumeur ne s’est propagé au delà des marges classique d’exérèse.
La clé d’une exérèse chirurgicale réussie réside dans la gestion des marges tumorales, c’est-à-dire dans la quantité de tissu sain prélevé autour de la lésion maligne.
Le but est d’éliminer suffisamment de tissu sain pour réduire le risque que des cellules cancéreuses microscopiques restent dans la peau.
Ce processus est particulièrement important pour les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires, qui, bien que localement agressifs, peuvent parfois ne pas se propager à d’autres parties du corps. L’exérèse complète, incluant les marges saines, est donc cruciale pour assurer une guérison.
L’exérèse chirurgicale présente plusieurs avantages pour les patients présentant des lésions cutanées malignes.
Tout d’abord, elle permet d’obtenir un taux de guérison très élevé, surtout si la lésion a été retirée à un stade précoce.
Cette intervention permet non seulement d’éliminer la tumeur, mais aussi de minimiser les risques de propagation ou de métastases. De plus, l’exérèse permet de préserver une grande partie des tissus sains environnants, ce qui est essentiel pour éviter des séquelles importantes sur le plan esthétique et fonctionnel.
Le principal avantage de l’exérèse par rapport à d’autres méthodes comme la cryothérapie ou la radiothérapie réside dans sa capacité à garantir une exérèse complète de la tumeur, réduisant ainsi considérablement le risque de récidive.
Le suivi post-chirurgical dermatologique permet également d’assurer une détection rapide de toute anomalie et de prendre les mesures nécessaires si une nouvelle intervention est requise.
Après une exérèse chirurgicale, les soins post-opératoires sont cruciaux pour une cicatrisation optimale et pour prévenir les infections.
Le patient devra suivre les recommandations du chirurgien concernant le nettoyage de la plaie, l’application d’antiseptiques, et le changement de pansements.
En règle générale, Les points de suture seront retirés après une dizaine de jours, selon la zone opérée. Le patient devra également éviter toute pression excessive sur la zone opérée, en particulier pendant les premières semaines.
L’un des enjeux majeurs de l’exérèse chirurgicale des lésions cutanées malignes, en particulier dans des zones visibles telles que le visage, est de préserver l’aspect esthétique de la peau tout en traitant la tumeur de manière efficace.
Selon la taille et la localisation de la lésion, la chirurgie peut laisser une cicatrice plus ou moins visible. Dans les cas où l’incision se fait sur des zones délicates, telles que les paupières ou le nez, le chirurgien choisira des techniques spécifiques pour minimiser l’impact esthétique.
L’évolution de la cicatrice dépend également des soins post-opératoires et de la capacité de la peau à cicatriser. Dans certains cas, des techniques de chirurgie réparatrice, comme les greffes de peau ou les lambeaux cutanés, peuvent être nécessaires. Cependant, dans la majorité des situations, la cicatrisation se fait naturellement au bout de quelques semaines à quelques mois, et les cicatrices deviennent progressivement moins visibles.
L’utilisation de crèmes cicatrisantes et de traitements spécifiques peut également être recommandée pour favoriser une cicatrisation optimale.
Après une brûlure, une blessure accidentelle ou une intervention chirurgicale comme l’ablation d’une tumeur, il arrive qu’une surface de peau importante soit enlevée.
Pour « réparer » ou combler cette perte de substance cutanée, le chirurgien dispose de plusieurs techniques : le choix dépend de la taille et de la localisation de la lésion.
La méthode la plus simple est la cicatrisation dirigée (obtenue avec un pansement, sans geste chirurgical). Viennent ensuite la suture directe (la plaie est fermée par des points de suture), la greffe de peau et enfin l’application d’un lambeau (couverture de la plaie par un tissu vascularisé), qui est la plus sophistiquée.
Une greffe est un transfert de peau inerte prélevée sur un site donneur et mise en place sur une zone receveuse bien vascularisée, où elle pourra s’intégrer par imbibition (« effet buvard »).
La peau est constituée de trois couches : l’épiderme à la superficie, puis le derme et l’hypoderme en profondeur. C’est le niveau d’épaisseur du prélèvement cutané qui distingue les prélèvements de peau mince de ceux de peau totale.
Les greffes de peau totale donnent de bons résultats sur le plan esthétique, mais elles prennent plus difficilement. Inversement, les greffes de peau mince s’intègrent bien, mais l’aspect final est moins satisfaisant.
Le chirurgien plasticien prend ces paramètres en compte pour obtenir le meilleur résultat possible en fonction de la localisation (visible ou non) de la perte de substance cutanée.
Contrairement à la greffe, le lambeau est un transfert de tissu qui n’est pas totalement séparé de son site donneur. Il est d’emblée vascularisé car il est appliqué avec un pédicule nourricier, qui constitue un véritable « cordon ombilical ».
On distingue plusieurs types de lambeaux, en fonction de deux critères :
La technique des lambeaux est notamment utilisée pour reconstruire un sein après une mastectomie.
Le chirurgien prélève l’épiderme et une partie du derme (jusqu’aux papilles dermiques). Il utilise un bistouri ou plus souvent un dermatome, une sorte de rasoir électrique ou pneumatique (à air comprimé) permettant de prélever de grandes quantités de peau. Sur le site de prélèvement, généralement une zone peu visible (face interne des cuisses, cuir chevelu, etc.), la cicatrisation se fait en 2 semaines grâce à des soins locaux.
La greffe est posée sur la zone lésée. Elle est maintenue par un pansement compressif pendant 3 à 5 jours, délai au bout duquel on considère qu’elle a pris. L’aspect définitif de la greffe peut être apprécié au bout de 1 an. Dans l’intervalle, il est recommandé de protéger cette zone du soleil et de l’hydrater abondamment.
Une plus grande épaisseur de peau (épiderme et derme) est prélevée au moyen d’un bistouri. Le site donneur doit être le plus proche possible de la zone receveuse, afin d’éviter une différence de couleur et de texture entre la greffe et la région où elle est posée (effet de « pièce rapportée »). Pour une intervention sur le visage, le tissu sera prélevé au-dessus du niveau des clavicules, derrière les oreilles, par exemple.
Le site de prélèvement est suturé (une cicatrisation dirigée serait trop longue et inesthétique) et la greffe est mise en place sur le site à couvrir. Elle y est maintenue par un bourdonnet (pansement compressif) pendant 5 à 6 jours, date à laquelle on vérifie sa bonne prise.
En raison de la qualité esthétique du résultat, ce type de greffe est particulièrement utilisé pour couvrir des pertes de substance sur le visage.
Dans ce cas, le site receveur (lésé) et le site de prélèvement du lambeau sont en contact. Des incisions sont effectuées tout autour de la perte de substance pour mobiliser (saisir) les tissus avoisinants, les déplacer et refermer la zone à couvrir.
Les tissus utilisés pour couvrir la perte de substance viennent d’une région proche, mais qui n’est pas en contact étroit comme précédemment. Le lambeau reste lié à son implantation d’origine par un pédicule vascularisé (formé d’une artère et de veines), qui fait office de pivot : le chirurgien effectue un mouvement de rotation qui déplace le lambeau de son site d’origine vers la zone à couvrir tout en maintenant le pédicule.
Dans ce cas, la zone à soigner est éloignée de la partie du corps où s’effectue le prélèvement. Les vaisseaux et les nerfs (pédicule) sont sectionnés et, comme dans le cas d’une greffe, le lambeau est complètement séparé du site donneur pour être « rebranché » à proximité de la perte de substance par des techniques microchirurgicales.
Ces interventions complexes et longues sont pratiquées dans les services hospitaliers spécialisés. Elles sont notamment indiquées dans le cadre d’une reconstruction mammaire ou en traumatologie, pour traiter par exemple une fracture ouverte avec perte de tissu importante.